Il est des jours où ce qui nous semble évident ou nécessaire ; ne l’est pas pour autrui. En effet, nous n’avons pas tous la même approche de la maladie et des traitements qui l’entourent.
Alors, comment concilier la pathologie grave, quand on est soignée pour un cancer du sein avec ablation de la chaine ganglionnaire ; avec un métier qui vous tient. Cette secrétaire est une femme passionnée par ce qu’elle fait pour diverses raisons que j’ai exploré en entretien. Depuis un an, elle n’a pris aucun arrêt maladie mais prends certains mercredis pour aller prendre des cours de peinture. Pas même pour se reposer, non. Quand je lui ai demandé les dates de ses arrêts maladie, elle a bien rigolé. “Pas d’arrêts, je me suis débrouillée pour que ça se passe le vendredi et retour le lundi au travail”. Son punch est communicatif, j’en oublierai presque l’objet de la consultation.
Son traitement per os en cours provoque des effets secondaires , aussi, le travail sur écran est parfois douloureux. L’inflammation de sa main qui est en partie provoquée par le curage ganglionnaire, la gêne pour taper sur le clavier ou tenir la souris. L’insomnie rajoute des nuits courtes.
Et puis, il y a le soleil qui donne sur la baie vitrée de son bureau et directement sur son bras. Ce soleil qui est contre indiqué pour elle. Elle a oublié de me dire “les douleurs dans la hanche”. La station assise permanente combinée à un médicament qui est responsable de la baisse de la densités osseuse n’aident pas. Sans oublier son acuité visuelle qui a baissé d’un coté et la gêne.
Après lui voir donné des conseils et astuces (la liste est longue), elle repart toujours aussi dynamique. Mais elle a oublié de me dire quelque chose puisqu’elle rebrousse chemin : “mon mari est le directeur de l’entreprise, je ne peux pas laisser les dossiers en plan.”