La formation infirmière a vu le jour dans les années 1870 sous l’impulsion de médecins à la Croix-Rouge et dans les hôpitaux de l’Assistance Publique de Paris.
Léonie Chaptal a joué un rôle fondamental dans l’élaboration du premier programme d’études, programme qui repose sur les savoirs utiles à l’infirmière pour seconder le médecin.
Toutefois, les écoles fondées en France à partir du courant de Florence Nightingale mettent l’accent sur l’autonomie professionnelle de l’infirmière.
Formation et profession infirmière évoluent donc dans une ambivalence qui conduit à développer soit «les techniques de soins» proches des techniques médicales, soit une autonomie revendiquée par le «rôle propre» et la démarche clinique infirmière. Aujourd’hui la profession infirmière se retrouve au cœur de réformes : transfert de compétences, validation des acquis de l’expérience, réforme du programme d’études avec un éventuel rapprochement de l’université.
Après avoir défini les critères d’une science en prenant exemple sur le modèle des sciences de l’éducation, l’étude des recherches infirmières publiées dans l’ARSI (Association de recherche en soins infirmiers) de 1985 à 2005 montre que la recherche infirmière existe et donne un aperçu des thèmes explorés, souvent référés aux sciences humaines ; d’où une première approche des sciences de référence, sur lesquelles les sciences infirmières peuvent s’établir et s’épanouir ; l’intitulé «sciences infirmières» étant uniquement utilisé au Québec.
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Auteur : PIERRE JEANGUIOT (Nicole)
Source :
– Périodique RECHERCHE EN SOINS INFIRMIERS
Léonie Chaptal
Née en 1873, diplômée à 26 ans « Infirmière Hospitalière des Hôpitaux Parisiens », Léonie Chaptal a eu pour souci de venir en aide à la population pauvre du quartier de Plaisance du 14 ème arrondissement (Paris) et de lutter contre les inégalités sociales et les fléaux de l’époque, tuberculose, maladies vénériennes, mortalité infantile et alcoolisme. C’est le besoin de se faire aider par des personnes qualifiées et le sentiment que la formation infirmière n’est pas reconnue, qui l’a conduite à créer en 1905 avec la collaboration de Madame Taine, l’une des premières écoles d’infirmières en France, située rue Vercingétorix (Paris 14 ème) dont elle deviendra directrice en 1907.
Léonie Chaptal oeuvre pour la formation des infirmières et le développement de la profession. Elle participe à l’élaboration de plusieurs textes législatifs :
• Décret du 17 juin 1922 portant institution du brevet de capacités professionnelles
• Décret du 18 octobre 1923 relative à la reconnaissance administrative des écoles d’infirmières
• Décret du 18 juillet 1924 permettant de porter le titre d’infirmière diplômée d’Etat
Elle participe à la création de la première revue nationale “L’Infirmière Française”, et écrit des ouvrages professionnels : livres sur la Morale Professionnelle, et sur l’Hygiène Appliquée, qui seront couronnés par de nombreux prix.
En 1933, Léonie Chaptal est promue Officier de la Légion d’Honneur et Chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique.
En 1935, elle reçoit la médaille Florence Nightingale et la médaille d’or des Hôpitaux de Paris.
Professionnelle attachée à une éthique des soins, praticienne expérimentée, éducatrice de santé, Léonie Chaptal a légué une vision humaniste de la société, anticipant l’évolution de ses besoins.
Léonie Chaptal, une femme de son temps. Avec une vision profondément humaniste de la société dans une démarche professionnelle, elle a participé à la création d’un mouvement sanitaire et social qui aujourd’hui se poursuit encore.
Contemporaine de Zola, elle a vécu cette période de profonds remaniements, d’injustice et de misères qu’était la fin du XIX ème siècle. Elle s’est positionnée et a milité avec ses armes pour une plus grande justice sociale.
Une militante : Lors de la mise en place d’une organisation d’infirmières, elle affirmera pleinement ses idées syndicales, en réclamant un salaire et des conditions de travail décentes pour les infirmières.
Source : Fondation Léonie Chaptal